La Guerrière Fantôme

Publié le par Dodie

Je ne parle pas souvent de livres sur ce blog, non pas que je ne lise pas beaucoup mais tout simplement parce que je marche au coup de coeur ou à la fidélité. Je m'explique : quand je vais dans une librairie (mon endroit préféré... si je devais choisir d'être enfermée dans un endroit après un évènement apocalyptique, je choisis d'être enfermée chez Dialogues à Brest), soit j'achète un livre d'un auteur que je connais déjà, dont j'apprécie le style, les personnages, etc soit le quatrième de couverture va me convaincre.

Evidemment, je commence par aller dans les rayons que je préfère : policiers, science fiction, romans, etc.... Tout a commencé véritablement à l'âge de 9 ans et plus précisément le jour de mon anniversaire. J'étais une lectrice qui dévorait tout sur son passage, je me plongeais dans un livre et alors le temps, l'espace disparaissaient. Il paraît que je devenais sourde et que je ne réagissais pas à mon entourage qui m'appelait (à table ! Eteins la lumière !). C'est un truc de famille... ma filleule est tellement accro au livre que petite, elle arrivait à lire et à enfiler ses chaussettes... il fallait lui arracher le livre des mains pour espérer communiquer avec elle. Mais sinon, nous sommes des gens assez sociables....

 

Bref, pour mes 9 ans, mes parents m'avaient offert en cadeau n°2 .... 4 livres (je n'ai plus aucun souvenir du cadeau n°1 mais je dirais des meubles pour ma maison Lundby ou des vêtements ou accessoires pour ma Barbie). Vous allez dire que j'étais gâtée : 4 livres. Je suis née au mois de juillet et il fallait étancher ma soif de lecture pour l'été.

Le premier était un Jules Verne : le Tour du Monde en 80 jours (suivi du Rayon Vert). Mes parents ne savaient pas qu'ils venaient de m'offrir un bien précieux : celui qui allait devenir mon auteur préféré. Les trois autres livres étaient de la bibliothèque verte : Alice. Alice au Camp des Biches, Alice et la pantoufle d'hermine et Alice et la Pierre d'Onyx. Alice allait devenir mon héroïne, mon modèle.

 

Ce que nous lisons pendant notre enfance influence nos lectures futures et je pense que cela contribue à nous construire en tant qu'adulte.

 

De là, vient ma prédilection pour les romans policiers (Martha Grimes en particulier, Elizabeth George, Michael Connelly) contemporains mais souvent historiques (époque victorienne en priorité - Anne Perry - mais pas seulement - Iain Pears, C.J Sansom, J. Benzoni). J'ai évidemment dévoré tous les romans de Jules Verne. En lisant le Sphinx des Glaces, j'ai découvert Edgar Allan Poe. Pour ces auteurs, j'y vais les yeux fermés.

Et il y a aussi la science fiction avec surtout Isaac Asimov. J'ai littéralement dévoré le cycle de Fondation, passant des nuits blanches à lire, lire....

Ce qui ne m'a pas empêchée de lire des classiques : Jane Austen, Dickens, Hugo, Balzac (pas mon préféré, loin de là), Zola (j'adore), Maupassant, Melville,

 

Tout cela, pour vous dire que la fantasy... et ben c'était pas gagné. Bien sûr, j'ai lu le Seigneur des Anneaux (j'ai trouvé les Deux Tours trop long) mais j'en suis restée là... le genre ne me parlait pas plus que cela. A Geekopolis, c'était la partie Steampunk qui était ma priorité puis Metropolis et Teklab. Avalon arrivait en quatrième position juste avant Little Tokyo.

Donc quand Syven sort les chroniques de Siwès - tome 1 (la Guerrière fantôme), je me dis que je ne vais sans doute pas accrocher à l'histoire.... Parce qu'au départ, les mages, les dragons, les êtres fabuleux, les batailles, etc... ça me faisait doucement flipper.

C'était compter sans le style de Syven. L'écriture me parle... je ne sais pas comment vous expliquer cela mais ses phrases, les mots, tout me paraît naturel, familier.  Son écriture trouve un écho en moi. Elle réussit à me faire plonger dans l'histoire comme le faisait Jules Verne ou Zola. Je n'éprouve pas toujours cette sensation avec un livre : quand je commençais à lire un chapitre, je vivais exactement l'expérience de Siwès : ma réalité s'estompait dans une brume et le décor apparaissait, je voyais les fabuleux, Baxian, Ispare, les dragons... et l'Herrès... comme une poudre dorée dansant partout autour de moi. A chaque fois que je finissais un chapitre, je me forçais à revenir dans le monde réel.

 

En fait, les premières pages me donnaient l'impression qu'on me transmettait une quantité phénoménale d'infos et que je n'arriverais jamais à me souvenir de tout. Et puis, au fil des pages, j'ai réalisé que c'est exactement ce que devait ressentir Siwès quand elle a atterri dans ce monde. Elle découvre un monde inconnu, elle croise un tigre, des humains, des adiales et il faut qu'elle arrive à intégrer tout cela. Et ensuite, les choses deviennent plus simples , elle apprend....

Je ne vais pas raconter l'histoire ici, pas question. Ah, juste une chose, j'ai compris très vite qui était un traître....

J'ai hâte de lire la suite, j'ai envie de savoir ce que vont devenir tous ces personnages. Je pense que l'originalité de cette histoire tient à Siwès qui est une étudiante le jour et qui part dans ce monde la nuit par le rêve. Qui n'a pas fait de rêves fantastiques qui emportaient dans des contrées lointaines, des mondes étranges ? Finalement, rêvons nous vraiment ou nous transportons nous dans d'autres mondes ?

 

J'avais aimé Au Sortir de l'Ombre, son premier roman, parce qu'il se déroulait au XIXe siècle (ma période de prédilection), qu'il y avait du fantastique, que ça se passait à Londres. J'y étais entrée avec facilité. Là, j'avais la réticence liée au genre. Cela ne veut pas dire que je vais me jeter sur tous les livres de fantasy, loin de là. Syven a ouvert une porte sur un genre que je connaissais peu finalement.... à part en BD.

 

En conclusion, j'ai personnellement beaucoup, beaucoup aimé ce livre. C'est pour cela que j'en parle... et aussi parce que j'ai rencontré Syven dans son quotidien, entourée de sa famille. Et je me dis : "Derrière ce joli visage souriant, se cache un esprit à l'imagination débordante, rempli d'histoires fantastiques".

Je ne vous dis pas "Foncez l'acheter vous allez l'adorer !" Je n'en sais rien... peut-être ne va-t-il pas vous parler, ne va-t-il pas faire sonner les cloches du Sitob....

 

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eve 03/11/2013 09:10

Ce style de littérature semble faire suite aux contes de notre enfance qui avaient une fonction sociétale universelle, celle, entre autre, de développer notre imaginaire en déroulant des images
mentales et nous aider à passer du stade de l'enfance au stade adulte.
Claudine si un jour tu devais arrêter tes travaux d'aiguilles, ce que je ne te souhaites pas, tu devrais te tourner vers l'écriture. Mais les deux activités ne sont pas incompatibles.

Dodie 03/11/2013 09:52



Et bien,  en licence, j'ai hésité à passer le concours d'entrée à l'école de journalisme car je voulais être dans la presse écrite. Mais écrire des nouvelles, un roman, non. Je ne suis pas
assez patiente et disciplinée